La pensée rationnelle (II)

Dans la première partie de cet article, j’ai expliqué brièvement en quoi consiste la raison : la raison est notre méthode pour trouver des propositions objectives, et consiste à rechercher la réalité au-delà de nos émotions, appréhensions ou appels aux autorités.

Nous avons tous des idées sur le monde qui nous entoure, même si ces idées ne sont pas nécessairement explicites. Il est important de les comprendre car ces idées ont une influence directe sur nos actions. À chacune de nos actions dans la vie quotidienne, nous utilisons des méthodes plus ou moins objectives.

Bien que, comme je l’aie déjà expliqué, les émotions ou les idées reçues ne sont pas nécessairement ennemis de la raison, elles entrent souvent en conflit. Le plus près de nos perceptions se situe le problème, et le moins d’investissement émotionnel nous avons fait dans ce problème, le plus que nous risquons d’être d’accord, car peu d’effort intellectuel est requis pour le comprendre.

Par exemple, peu de gens s’obstineraient sur la présence du Stade Olympique, s’ils se situent devant lui, ou s’ils y ont déjà été. Mais évidemment nous avons peu d’intérêt émotionnel investi dans l’existence du Stade Olympique. Un exemple plus extrême dans ce sens serait le cas des femmes battues. Bien qu’il nous semble évident, en tant qu’observateur passif, qu’elles vivent une relation malsaine qui doit être rompue, ces femmes ont un investissement émotionnel énorme dans leur relation.

Évidemment, dans certaines situations, nous sommes pris par l’émotion. Mais ces émotions fortes proviennent, la plupart du temps, de sources que nous pouvons contrôler, ou du moins en assumer les conséquences. Nous accumulons constamment des frustrations de nos sources de stress, et quand cette accumulation n’est pas contrôlée, il peut en résulter une explosion émotionnelle.

On peut avoir plusieurs réactions à cette accumulation : se mettre à boire, exploser, tomber en dépression, aller quêter des solution dans la famille ou les amis. Cependant, examiner la situation rationnellement est plus fructueux. Dans toute situation de ce genre, il faut examiner et être à l’écoute de ses émotions (un exercice généralement difficile), et déterminer quelle sont nos sources de stress. Sont-elles psychologiques, physiques, ou des évènements de la vie de tous les jours ?

Si vous voulez être rigoureux, dressez une liste de sources de stress. Par exemple, un travailleur de bureau qui prends du temps à se réveiller au travail et se retrouve avec trop de choses à faire pourrait mettre au haut de sa liste “trop de travail à faire le matin”. Ensuite, il prendrait ce sous-problème et chercherait pour des solution possibles. Certaines solutions possibles sont : demander aux autres employés de ne pas lui donner de travail important avant une certaine heure, prendre un arrangement pour pouvoir arriver au travail plus tard, attendre de faire certaines tâches jusqu’à une heure plus raisonnable, se lever une heure plus tôt pour laisser le temps à son corps de se mettre en marche, et ainsi de suite.

Évidemment, certaines de ces méthodes peuvent fonctionner, et certaines peuvent ne pas fonctionner. Cependant, il faut éviter de tomber dans le pragmatisme : il est possible que ce ne soit pas la bonne semaine pour demander à ses confrères de changer leurs habitudes. Ils sont peut-être dans une semaine occupée, ou certains n’ont pas le tempérament pour changer leurs habitudes. Il faut peser le pour et le contre de nos démarches.

L’autre catégorie de problèmes dans nos vies est celle des fausses croyances. Encore une fois, il existe beaucoup de différences de degré. Nous pouvons maintenir une fausse croyance à propos de quelque chose aussi banal qu’une mauvaise interprétation d’un geste anodin, jusqu’à se maintenir dans une illusion complète sur un sujet donné.

La première question à se poser quant à ce que nous pensons est : pourquoi est-ce que je pense ceci ou cela ? D’où proviennent mes raisons pour penser ceci ou cela ? Viennent-elles de faits vérifiables par les sens, de sources objectives, ou de mes émotions, désirs, ou idées reçues ?

Vous avez sûrement déjà vu quelqu’un se faire une idée sur un geste anodin : “je pense que cette personne a des mauvais sentiments contre moi parce que je l’ai vue la semaine dernière s’arrêter devant mon bureau et…”. De telles interprétations sont, la plupart du temps, fausses. Nous avons une tendance à sur-analyser des situations, et ça peut nous jouer des tours. Il faut toujours prêter attention à nos interprétations, et ceci n’en est qu’un exemple.

Au-delà des simples problèmes d’interprétation, certains vivent des situations plus pénibles, où ils ont investi beaucoup émotionnellement, et se mentent à eux-mêmes pour éviter des faits douloureux. Que ce soit dans nos choix de vie, de société, de religion ou politique, d’organisation, autant que dans nos choix d’amis et de relations, nous courrons tous ce risque. Par exemple, un problème relationnel qui revient souvent est l’attachement à un ami ou parent destructeur.

Après avoir identifié une telle situation, l’important est de toujours rester sur des bases solides. Nous sommes tentés de tourner en rond dans nos émotions et incertitudes. Dans l’exemple que j’ai nommé, quelqu’un pourrait se demander : qu’est-ce que je recherche dans cette relation ? est-ce que c’est ce que j’ai présentement ? qu’est-ce qu’une relation saine ? comment est-ce que je me sens par rapport à cette situation ? De la même façon, il faut orienter ses buts de vie d’une façon globale avant de tourner en rond sur un sujet trivial. Qu’est-ce que je recherche dans ma vie ? Est-ce que mes buts sont propices à une bonne vie ? Est-ce que ceci aide mes buts ? Le sujet de la raison dans la vie quotidienne est un sujet extrêmement vaste, qui mériterait beaucoup plus d’espace que les deux petits articles que j’ai pu y consacrer. Si vous voulez en discuter, ou avez des questions, n’hésitez pas à me contacter.