La pensée rationnelle (I)

La vie n’est pas un concept unifié : nous avons l’expérience de plusieurs rôles et de plusieurs aspects dont la vie est composée. Une approche fragmentée au succès dans nos vies quotidiennes est donc la meilleure manière d’aborder le problème. Nous pouvons discuter du travail, des relations humaines, du plaisir, et bien sûr des façons par laquelle nous dirigeons nos efforts dans ces catégories. Ainsi, du moins nous l’espérons, notre vie sera plus intéressante, et certainement plus cohérente. Mais sur quoi cette approche doit-elle se baser ? Quelles sont les prémisses de base de vos actions ?

Certaines personnes, tel un roseau, se balancent dans le vent de leurs émotions, sans porter attention à ce qui se passe autour d’eux. Certaines autres fléchissent devant le poids de leur éducation, de la culture et des traditions. Certaines autres ne sont que des oreilles, anxieux d’obéir à tous les conseils que leurs amis, et pseudo-amis, leur étalent avec grand plaisir. Parce que la réalité est objective, cependant, le meilleur moyen d’arriver à la comprendre reste par la raison. C’est pourquoi la pensée rationnelle est un élément fondamental au succès, dans la vie de tous les jours tout autant que dans des entreprises plus spécialisées. La plupart des gens qui réussissent ont, implicitement ou explicitement, compris la réalité telle qu’elle s’applique à leur profession ou à leurs buts. On dit que le corps est un temple. Eh bien ! Si notre vie est une maison qui se bâtit à tous les jours, la raison en est la juste fondation. Elle nous permet de se débarrasser des fausses croyances, tout en validant la base de nos actions.

La raison est composée de trois éléments : l’information qui provient de nos sens, la logique, et les concepts. Au bout du compte, les seuls organes qui nous permettent d’appréhender la réalité sont nos sens, quand nous les interprétons bien. En utilisant la logique pour éliminer les contradictions dans notre interprétation, et les concepts pour s’exprimer avec précision, n’importe qui peut acquérir des habitudes de pensée rationnelles avec un peu de pratique. Il y a évidemment des fausses croyances à propos de la raison même, dont il faut brièvement discuter pour ne pas vous laisser avec l’idée de la conception populaire de la raison.

Sûrement l’idée reçue la plus commune à propos de la raison est qu’elle représente la conquête de la pensée contre les émotions. L’exemple le plus ridicule est la race des “Vulcains” dans la série Star Trek. En fait, la pensée et les émotions ne sont pas nécessairement opposés. Il existe certainement des situations pour lesquelles ressentir une forte émotion peut être une motivation importante. Le problème émotionnel apparaît quand nos émotions – qui sont des associations entre des stimuli et des réactions – ne correspondent pas à la réalité, par exemple pour les personnes atteintes de phobies. Par exemple, il est certainement justifié et bénéfique pour quelqu’un qui vient de se faire insulter, de se sentir blessé ou fâché. Il s’est vu attaqué dans la confiance qu’il avait envers son interlocuteur de maintenir une conversation sensée et raisonnable.

Cette émotion pousse donc l’individu à une action tendant à l’éloigner, physiquement ou émotivement, de la situation. Si la personne ne va pas au-delà de cette expérience, elle peut avoir une réaction moins intéressante, comme de retourner la monnaie de sa pièce. Une autre idée reçue s’exprime souvent comme suit : “d’être objectif est impossible, nous sommes tous teintés de notre vision personnelle sur les choses”. Au contraire, il est heureux que nous ayons notre vision personnelle des choses ! Cela ne veut pas dire qu’on ne peut être le plus objectif possible. C’est une question d’acquérir des habitudes mentales – comme, par exemple, de rejeter les pensées négatives ou fausses qui nous viennent automatiquement à l’esprit et de se forcer à penser consciemment.

Dans un sens, la personne désirant acquérir des habitudes mentales propices à la raison doit se forcer à redevenir un enfant – c’est-à-dire, sans préjudice et opinions reçues – pour mieux pouvoir penser en adulte.

Dans la deuxième partie de cet article, j’explorerai des cas de fausses croyances, leurs sources, ainsi que des manières d’utiliser la raison – d’une façon plus explicite – pour améliorer ses habitudes de vie.