Le mensonge de la fumée secondaire

Avertissements forcés

Depuis le 23 décembre 2000, tous les paquets de cigarettes au Québec doivent contenir des avertissements similaires à ceux-ci. Certains d’entre eux nous avertissent que les produits chimiques dans la fumée de cigarette “peuvent nuire à vos enfants” (les produits, mais pas la fumée elle-même ?). Un autre nous indique que “la fumée secondaire peut causer la mort suite au cancer du poumon et à d’autres maladies”. Bien. On pourrait dire la même chose du soleil, mais enfin.

Les recherches sérieuses faites sur le sujet indiquent, au plus, que les gens qui vivent avec des fumeurs font face à un risque légèrement plus élevé de cancer du poumon. Légèrement, dans ce cas, veut dire une différence entre 0.34% de chance d’avoir un cancer du poumon, et 0.41% (Jacob Sullum, “For Your Own Good : The Anti-Smoking Crusade and the Tyranny of Public Health”).

La question demeure : est-ce que le risque dû à la fumée secondaire est non-trivial ?

Pour un sujet aussi politiquement biaisé, les études scientifiques deviennent un champ de mines. Par exemple, une décision de cour fédérale Américaine, en Juillet 1998, rejetait l’expertise de l’étude de l’EPA parce qu’elle n’était pas scientifique.

L’étude la plus crédible, faite en 1998 par la World Health Organisation sur 2192 personnes, concluait non seulement que l’effet de la fumée secondaire est trivial, mais qu’il y avait une corrélation *négative* entre le taux de cancer et la quantité d’inhalation de fumée !

“[T]hey calculated that subjects married to smokers were 1.16 times as likely to have lung cancer as those married to nonsmokers. The risk was slightly higher (1.17) for subjects who worked with smokers and slightly lower (1.14) for those who had both kinds of exposure.” (“A Whiff of Risk”, Reason Magazine, Mars 1998)

À cause des marges d’erreur, cette différence de 16% n’est pas très significative, et ce manque de rigueur pourrait expliquer que le taux de cancer diminue pour les plus longues expositions. D’une façon ou d’une autre, les dangers de la fumée secondaire ne sont pas établis.

Une étude qui semble plus probante a été publiée en juillet 2002 par Tufts University. Cette étude démontre que les chats vivant dans des endroits où des personnes fument ont 2.4 fois plus de chance de souffrir de lymphomes félins. Les effets démontrés sur les animaux n’ont pas nécessairement de corrélation avec les être humains. Mais s’il y a un moyen de démontrer que la fumée secondaire a un effet négatif, ce serait une bonne avenue de recherche.

 

Tant que l’attitude anti-fumeur et la mentalité “droits des non-fumeurs vs droits des fumeurs” prévalente ne tournera pas à l’indulgence, de tels lois seront politiquement profitables.

 

La politique du tabac

Si la fumée secondaire n’est pas prouvée dangereuse, pourquoi fait-on tout un plat légal contre les fumeurs ?

Évidemment, parce que c’est plus facile de demander au gouvernement d’interdire quelque chose que d’en discuter. Les édits des rats de bureau rient de la science (surtout de l’économie). Tant que l’attitude anti-fumeur et la mentalité “droits des non-fumeurs vs droits des fumeurs” prévalente ne tournera pas à l’indulgence, de tels lois seront politiquement profitables.

Les lois contre la cigaratte dans les “lieux publics” ne peuvent en aucun cas être pour des raisons de santé, mais sont purement des inventions politiques. Pourquoi ? Parce que les études épidémiologiques sont faites sur des expositions prolongées à la maison, pas dans des lieux où les gens sont en mouvement et souvent à l’extérieur. Comme j’ai mentionné, il n’y a aucun doute que la fumée secondaire à la maison, particulièrement contre les enfants, est dommageable (reste à savoir l’étendue de ce dommage). Mais là n’est pas la justification pour les lois contre la cigarette, puisque ces lois affectent les “lieux publics”, et non les résidences.

De plus, évidemment, les propriétaires de “lieux publics” ont des droits aussi, et ont bien le droit de laisser venir ou d’interdire les fumeurs, mais ça n’a jamais dérangé les politiciens non plus. Dans notre monde anti-capitaliste, seul les individus sans propriété ont des droits. C’est la vie.

La pollution en général est une atteinte aux droits de propriété. Cependant, la pollution d’une cigarette est relativement faible. De plus, les coûts médicaux des fumeurs sont largement compensés par le fait que les fumeurs meurent plus jeune (moins de rentes sociales, moins de frais médicaux dûs à l’âge). De quelque façon que vous voyez le problème, les coûts sociaux de la cigarette sont bas, et les revenus sociaux, surtout pour certains pays pauvres mais producteurs de tabac, sont très grands.

Loin de moi l’idée d’accuser les anti-tabagistes d’être racistes, mais la tentation est grande. Il semble qu’il y a autant de mesures contre les pauvres – comme le salaire minimum, les taxes à la consommation, l’immigration contrôlée – qu’il y en a contre les riches. Les producteurs de tabac ? On s’en fout, nous on fait notre argent avec les “patches”. Right ?