Le nouveau FLQ

La plupart des gens civilisés considèrent la violence comme, au plus, un mal nécessaire : au pire, un mal à éliminer. Seul l’esprit brute d’un totalitariste, d’un nazi ou d’un souverainiste québécois aurait l’arrogance de réclamer le terrorisme comme part de son héritage.

Dans cet esprit, les propos récents de Bernard Landry ne sont pas tellement surprenants. Les souverainistes québécois en général ont un héritage de violence, et semblent être encore prêts à user de force pour arriver à leurs moyens. Le 19 novembre dernier, Landry a déclaré que les attentats terroristes étaient le résultat de la colère qui apparaît quand des nations comme le Québec (depuis quand est-ce que le Québec est une nation ?) veulent leur indépendance. Il a aussi fait une corrélation indirecte entre la souveraineté québécoise et des actes de terrorisme possible.

La dépendance citoyenne

Pour ceux qui ont besoin d’une lesson d’histoire, le terrorisme québécois a atteint son apogée avec le FLQ, le Front de Libération Québécois. Durant la “crise d’octobre”, en Octobre 1970, le groupe terroriste FLQ a kidnappé Richard Cross (attaché commercial britannique) et Pierre Laporte (ministre du travail). Laporte a été subséquemment tué, et, dans une sorte d’ironie, les terroristes ont trouvé asile à Cuba.

Depuis ce temps, les politiciens souverainistes ont appris à ne pas utiliser la force physique mais plutôt à utiliser les lois pour leurs fins (en intimidant les commerçants anglais, ou plus récemment les postes publiques bilingues) et à intimider par les menaces référendaires, ce qui est, je suppose, une amélioration.

La notion même de la séparation du Québec est de nature coercitive et, certains diraient, terroriste. Elle est coercitive parce que toute notion de séparation territoriale implique des gouvernements, et non des citoyens. Tout Québécois, qu’il le désire ou non, est forcé de ne plus faire partie du Canada sur sa propre résidence. L’objection qui pourrait être levée à ceci est que toute personne peut déménager – mais ceci serait peu de réconfort pour quelqu’un qui vient de s’acheter une nouvelle maison. D’une façon ou d’une autre, il y a un choix important qui a été volé d’entre les mains de chaque citoyen.

Elle est aussi terroriste car le séparatisme est certainement une attaque directe contre l’intégrité territoriale du Canada, ainsi qu’une attaque à la liberté des citoyens québécois. Bien que la séparation du Québec n’implique pas nécessairement de violence, elle est certainement enchâssée dans un esprit de violence, et c’est une façon d’intimider. Il est entendu que les fédéralistes emploient des tactiques d’intimidation aussi – étant libertarien, je n’ai certainement pas plus de sympathie pour les tactiques fédéralistes.

Et que penser des tentatives du gouvernement Landry de nous imposer une carte de citoyenneté québécoise ? Au lieu de s’ouvrir sur le monde, le nazisme péquiste doit se replier sur lui-même. Au lieu de s’intégrer à la culture anglaise mondiale, le Québec se referme sur une langue et une culture désuète (en autant qu’on puisse utiliser ce mot galvaudé “culture”). Après la carte de citoyen, à quand le passeport québécois ? Est-ce là un moyen détourné d’enclencher la souveraineté ? Ce sont là des enfantillages d’enfants d’école qui se tiraillent pour des jouets, sans prendre en considération le droit à la vie privée des citoyens québécois.

 

À quoi bon que le gouvernement du Québec soit libéré du Canada, si les Québécois ne sont pas libres ? Doit la politique servir les intérêts du pouvoir politique ou celui des individus ?

 

Le kidnapping de la liberté

Le séparatisme revient à la mode, fouetté par les frasques du clown Landry. En parlant encore une fois de Bernard Landry (qui, vous l’aurez peut-être deviné, ne reçoit pas tout à fait mon approbation), j’aimerais toucher à un autre de ses récents propos. Ceci peut sembler ne pas avoir de lien avec mon propos, mais vous en comprendrez vite la raison.

Dans un éditorial du 24 novembre dernier, dans La Presse, Landry discute des politiciens qu’il admire le plus : “[c]’est René Lévesque qui a le plus marqué ma vie politique”. Il admire aussi “Franklin Delano Roosevelt pour sa compassion, son humanisme et son audace créatrice en période de crise”. Devons-nous être surpris que ses idoles sont parmis les plus grands pilleurs de liberté qui aient jamais eu le pouvoir en Amérique du Nord ?

“Je suis en politique avant tout pour un engagement fondamental: la recherche du bien commun”, dit-il, sûrement emporté par ses bons sentiments. “Je mise aussi sur notre enthousiasme et notre vaillance à promouvoir nos valeurs culturelles pour appuyer notre cheminement national”. Même s’il dit un peu plus loin que l’intérêt général n’est que la somme des intérêts particuliers, il ne semble pas avoir compris ce que cela voulait dire.

Je ne voulais ici qu’illustrer mon point sur les séparatistes. Ils prétendent que leur idéal est la liberté, mais de l’autre côté leur chef politique associe sa cause au terrorisme, une accusation qui est méritée. Mais la seconde proposition de Bernard Landry, qui veut que la prospérité et la liberté passe par le séparatisme, est aussi fausse.

Le Parti Québécois lui-même est tellement socialiste qu’il est difficile de croire que quiconque puisse y associer la liberté. Le programme, le nazisme culturel, et les visées du Parti Québécois sont éminemment étatistes – elles ne visent point la liberté mais sa destruction. Et ce n’est pas une surprise que le Québec est la deuxième province la plus retardée au Canada en ce qui a attrait à la liberté économique, du moins jusqu’à 1998 (“Provincial Economic Freedom in Canada 1981-1998”, Fraser Institute).

À quoi bon que le gouvernement du Québec soit libéré du Canada, si les Québécois ne sont pas libres ? Doit la politique servir les intérêts du pouvoir politique ou celui des individus ? Imaginez le scénario. Le Québec se sépare du Canada, et le gouvernement le plus socialiste en Amérique du Nord a maintenant la main-mise sur nos libertés. Qui y gagne ? Les politiciens. Et qui a poursuivi les fusions municipales, sinon le gouvernement du Parti Québécois ? Ils sont contre la compétition des structures, qui représenterait une solution de libre-marché, et donc absurde à leurs yeux. La centralisation doit être maître chez nous. Qui poursuit vraiment l’indépendance citoyenne, au lieu de l’indépendance territoriale ? Les libertariens, bien sûr.

Contrairement à ce que pense Landry et les séparatistes, l’équilibre global, le progrès global et la fin de l’impérialisme ne passe pas par la fragmentation mais par l’unité économique – pas par le socialisme mais par le capitalisme. Le nazisme péquiste doit par sa nature se replier sur lui-même, et c’est pourquoi il doit partir.