Une fierté mal placée

Tout ceci peut sembler tout à fait normal, jusqu’à ce qu’on examine exactement ce qui se passe. Les notions de “fierté gaie” et de “communauté homosexuelle” semblent être acceptées largement par la population, ainsi que l’apparente normalité de leurs revendications. Or, tous ces concepts sont absurdes. Il faut cesser de jouer le jeu des “victimes” de malaise social et dire les choses comme elles sont.

Le racisme communautaire

Fierté gaie ? Soit ! Mais en quoi est-ce que l’homosexualité doit nous rendre fier ? Dois-je être fier d’être hétérosexuel ? Cette proposition est absurde et réduit la notion de fierté à une trivialité. C’est l’équivalent de dire que tous nos attributs, qu’ils soient innés ou non, doivent nous rendre fier. Une telle fierté est aussi aberrante que le nationalisme ou le racisme.

Nous voyons aisément que ceci est une forme de tribalisme. Ceci est aussi reflété dans l’idée de “communauté” qui est véhiculé par certaines minorités. L’idée que les homosexuels, ou tout autre groupe, forme une “communauté”, une tribu unie, est encore plus absurde : comment peut-on réclamer un sens d’appartenance sur la base d’un seul attribut relativement peu important, son orientation sexuelle ? Les homosexuels entre eux n’ont rien en commun (pas plus que tout autre groupe de personnes partageant la même orientation sexuelle), même en ce qui a attrait à leur homosexualité même. La preuve de ceci est que plusieurs homosexuels se sont plaints de cette parade, disant qu’elle ne les représente pas adéquatement.

Quel est le but de ces démonstrations ? Pourquoi perpétuer ce mythe ? Il est difficile de comprendre cette émotion. Mais il est aussi difficile de comprendre le racisme ou le nationalisme, qui sont d’autres formes d’identification arbitraires. Seul un sociologue pourrait vraiment examiner la question des relations entre ces croyances. La différence majeure entre le tribalisme homosexuel et la discrimination (au sens étroit) est que le tribalisme n’est pas aggressif : il semble principalement être un problème d’identification, et non un problème de xénophobie, avant tout.

Une chose est sûre. Quant nous avons des organisations dont la survie dépend de cette forme de tribalisme, il y a un problème majeur de société. Quant on en est rendu à avoir six mille personnes qui paradent dans les rues de Montréal (et un gouvernement qui ferme des rues pour eux) seulement parce qu’ils sont homosexuels, il y a un problème majeur de société. Non pas seulement chez ces personnes, mais dans une société qui accepte une telle différentiation comme importante.

Et enfin, pourquoi s’arrêter là ? Après tout, le Canada est le pays de la “justice sociale” : il faut être “juste” et reconnaître les besoins de toutes les minorités. Des marches pour les bisexuels : une pour les bisexuels qui aiment plus les hommes, une pour les bisexuels qui aiment un peu plus les hommes, une pour les bisexuels partagés, une pour les bisexuels qui aiment un peu plus les femmes, et une pour les bisexuels qui aiment plus les femmes. Une marche pour les pédophiles, une marche pour les échangistes, une pour chaque préférence raciale, et une pour chacun des centaines de fétiches qui existent. Une marche pour chaque nuance de couleur de cheveux ou de peau possible (incluant les cheveux teints). Une marche pour les programmeurs aux poignets fragiles ou aux yeux myopes, une marche pour les fonctionnaires fatigués de brasser de la merde toute la journée, une marche pour les éco-nazis pour le traumatisme qu’ils ressentent en voyant des arbres coupés – et si on se sent généreux, une marche pour chaque profession et style de vie imaginable.

Mais inévitablement, la solution la plus “juste” serait de dédier une marche pour chaque citoyen, pour célébrer leur apport à la société. En fait, j’entrevois une nouvelle industrie composée uniquement de marcheurs, marchant 365 jours par année pour les causes que nous avons décidé comme “justes” ! Le gouvernement aimerait certainement cela, ça donnerait des emplois.

Évidemment, les homosexuels ont leur marche parce qu’ils ont des groupes de pression plus importants, et l’homosexualité est “in”. Ah, les joies de l’économie mixte.

 

Tout ce que nous faisons est de rapetisser légèrement la taille de minorité considérée “acceptable”. Comme dans toute démocracie, la plus petite minorité – l’individu – ne sera jamais acceptée.

L’état de grâce sexuel

Plus sérieusement, une autre question importante se pose maintenant. Est-ce qu’il y a une raison pour parler des homosexuels, ou de n’importe quel groupe similaire, comme un groupe hétérogène ? Jusqu’à quel point une telle évaluation est-elle rationnelle ?

Incidemment, un article récent du Free Radical Online, “Rand amongst the ‘Queers'”, traite de cette question. Dans cet article, David Adams explique que ces formes de tribalisme deviennent importantes à cause de leur perpétuation. Parce que les homosexuels, par exemple, tendent à s’identifier et s’enfoncer dans des schèmes de pensée typiques, cela devient un facteur social important. Par exemple, les minorités comme les homosexuels, les noirs, ou les femmes, tendent à voter pour les partis de gauche, car ils supportent le soutien moral et financier que ces partis veulent leur apporter (sur le dos des payeurs de taxes, bien sûr).

Comme dans toute forme de pensée, ces concepts déraillés se traduisent en dures réalités. La demande d’un secrétariat d’état n’est qu’une extension de la parade, dans un sens : les deux sont un support publique pour le tribalisme homosexuel, sur le dos de l’acceptance. Comme on le sait, la gauche promouvoit le tribalisme et l’intolérence de façon intensive, surtout au Québec. Il n’est donc pas surprenant que le Québec soit une terre plus fertile pour de tels mouvements.

L’effet réel de telles mesures est double, comme c’est le cas pour tout support publique pour des causes sociales. Le premier effet est celui du modelage de société. Détenant maintenant les ressources désirées par less organisations en cause, le gouvernement peut dicter sa propre ligne de conduite. Ceci est très flagrant dans le cas du domaine culturel. Tu veux les billets verts, tu dois pondre ce qu’on veut !

Cette forme de modelage de la société est coordonné avec des lois de censure et les idées “politically correct” : ensemble ils forment un système d’outils efficace pour éradiquer toute idée anti-statiste. Nous observons ce phénomène dans des domaines aussi divers que la recherche médicale, la charité, ou l’assurance – i.e. tous les domaines où le gouvernement, malgré qu’il tolère la présence d’entreprises privées, détient les cordons de la bourse, généralement sous forme de subventions ou de retours d’impôt.

Le deuxième effet est celui de toute redistribution de ressources. L’argent des citoyens va vers des causes et organisations qui rapportent le plus de capital politique, et non aux causes et organisations que la population veut supporter. Ceci favorise les causes qui attirent le plus de support. Tout ce que nous faisons est de rapetisser légèrement la taille de minorité considérée “acceptable”. Comme dans toute démocracie (en tant que système où la majorité impose sa loi), la plus petite minorité – l’individu – ne sera jamais acceptée. Nous n’acceptons pas de penser que les homosexuels sont des individus. Ils font partie de la “communauté homosexuelle”. Nous n’acceptons pas de penser que chaque citoyen est un individu. Il fait partie de la société, et ses opinions doivent être piétinées au nom de la “justice sociale”.

Je répète que ces actions et conséquences ne sont pas propres aux homosexuels. Elles sont propres à toute personne faisant partie d’un groupe dit “victimisé”. Le “culte de la victime” est cette exploitation des ressources publics qui est motivée par “l’état de grâce”, i.e. un état dans lequel les libéraux et autres Nouveaux Gauches sont émotionnellement satisfaits de l’égalité économique et sociale de toutes les “communautés”. Évidemment un tel état n’a aucune base sur la réalité, et ne pourra jamais exister, car ils trouveront toujours une nouvelle “victime” pour exploiter les ressources qui sont disponibles grâce à la démocracie. Beaucoup pourrait être dit sur l’état de grâce, d’où il vient, ses justifications dans les médias, mais je laisserai le sujet pour plus tard.

Je n’ai pas parlé du mariage homosexuel, parce que la question est trop ridicule pour mériter attention. Toute personne qui pense que le mariage devrait être régi par le gouvernement est trop perdu dans ses rêves de collectivisme social pour mériter une réponse. Le lecteur avisé trouvera aisément de meilleures solutions.