Opération Déclubage

Le déclubage, une atteinte au peuple

Opération Déclubage est le nom donné à la nationalisation des lacs, effectuée en 1978 par le Parti Québécois. Cette opération était en fait un vol des droits de pêche de la plupart des pourvoiries et clubs privés, au profit du gouvernement.

Il est difficile de mettre des chiffres sur le problème, pour la bonne raison que le gouvernment et les pourvoiries sont peu coopératives à en fournir, et les clubs privés ne gardaient pas tous de dossiers sur les stocks de poisson.

Nous pouvons affirmer, cependant, qu’il y a eu une baisse significative des stocks. Les pêcheurs sportifs, en tout cas, estiment que la baisse pourrait atteindre jusqu’à 80% (Raymond Beaulieu). La seule étude significative sur cette question est celle de Françoise Tétreault, biologiste pour le ministère de l’environnement. Pour les années 1985-1995, sa conclusion, basée sur l’information partielle disponible, est que les stocks de poisson, ainsi que leur qualité, on baissé significativement (Françoise Tétreault, Portrait et tendances de la situation de la pêche à l’omble de fontaine et au doré jaune dans les territoires structurés de 1985 à 1995).

La raison du manque d’information fournie par les pourvoyeurs est liée au nouveau système publique. Les chartes de ces pourvoyeurs sont dépendantes de l’approbation du gouvernement, et un compte-rendu franc de l’état des ressources pourrait être suicidaire. C’est malheureusement le cas ici aussi que le contrôle publique a des conséquences sociales désastreuses, la première étant la nécessité de tenir coi son honnêteté.

Pour le gouvernement, la conservation des ressources fauniques est un problème peu important. Par exemple, le document “Orientations du ministère de l’Environnement et de la Faune pour 1998-1999” ne parle de cette nécessité que dans une phrase dans un document de 23 pages.

L’autre problème majeur du système publique est l’injustice de l’accès aux lacs. Auparavant, le système capitaliste permettait la compétition et l’entretien des lacs, et donnait justice aux plus payants. Maintenant, notre accès est contrôlé par le gouvernement – telle est la conséquence de l’étatisme. Il est réduit à l’état de tirages au sort, comme des lotteries.

Pourquoi est-ce que des tirages au sort sont moins justes qu’un système capitaliste ? Dans ce dernier, le consommateur est maître. Les pourvoiries lui offrent des forfaits adaptés à ses moyens et il n’a pas à se plier au bon vouloir de la bureaucratie.

Dans notre système étatiste, nous payons tous directement ou indirectement par l’usage de taxes. La richesse ainsi prélevée est gaspillée dans un système inefficace, dû au manque de compétition et à la bureaucratie (si Friedman’s Law s’applique, le coût du produit double de ce fait). Enfin, le consommateur n’a plus le pouvoir d’achat, n’a plus le produit entre ses mains – il est à la merci du bon vouloir du gouvernement.

Les problèmes de la pêche sportive au Québec sont une belle démonstration de la relation entre les deux types de liberté. La liberté sociale – le droit d’utiliser les ressources fauniques à notre bon désir – doit passer par la liberté économiqe – le droit de propriété des citoyens sur ces ressources. Sans l’un, l’autre devient vide de sens.

 

Bien que la ressource soit contrôlée par le gouvernement, celui-ci a peu de motivation pour conserver la ressource et beaucoup de motivation pour donner accès à la ressource. Le résultat évident est un appauvrissement de la ressource.

 

La Tragédie des Communes

La mauvaise gestion publique de biens communs vient de la Tragédie des Communes. C’est un principe économique bien connu, qui s’applique à toute situation où une ressource (tangible ou non) n’est possédée par personne en particulier (i.e. pas par des individus privés), et est disponible d’une quelconque manière.

Prenez l’exemple typique d’une forêt. Supposons l’existence d’une forêt qui n’appartient à personne. Il serait alors profitable pour les compagnies forestières de couper le plus d’arbres que possible, avant que les autres le fassent et ramassent toute la ressource. Le résultat est l’exploitation complète de la ressource – des coupes à blanc. Mais ceci est évidemment une solution sub-optimale d’un point de vue transcendant car il est possible d’obtenir beaucoup plus de bois sur le long-terme en utilisant la ressource d’une façon plus conservatrice.

Dans le cas de la pêche sportive, la situation n’est pas identique, mais certainement similaire. Bien que la ressource soit contrôlée par le gouvernement, celui-ci a peu de motivation pour conserver la ressource et beaucoup de motivation pour donner accès à la ressource. Le résultat évident est un appauvrissement de la ressource.

La raison directe est la mauvaise gestion publique, mais implicite dans le constat que j’ai fait est la raison plus fondamentale de la motivation politique, un problème qui est omniprésent quand on doit discuter de l’État. La priorité des politiciens n’est pas de conserver la ressource parce qu’ils ne peuvent y trouver profit. Plutôt, la priorité est d’accumuler la faveur populaire en ouvrant l’accès à la ressource.

Cet état de faits a aussi des conséquences indirectes. Le secteur privé est désavantagé à cause de cette accessibilité exagérée du secteur public. Les 700 pourvoiries québécoises ont vu leur clientèle baisser de 11% entre 1990 et 1992, ce qui pourrait indiquer une tendance vers la baisse (Lise Laliberté, La pourvoirie au Québec: état de la situation en 1992 – voir aussi Fédération des pourvoyeurs du Québec. L’industrie de la pourvoirie au Québec est un levier de développement économique local durable et de création d’emploi. Québec, 1998). Ce déséquilibre pousse de plus en plus vers l’appauvrissement de la ressource.

La pisciculture pourrait être proposée par certains comme solution possible. Malheureusement, ce n’est qu’un pansement, car utilisée à une grande échelle elle affaiblit la grosseur et la qualité des poissons.

Les solutions pour contrer une Tragédie des Communes sont de deux types. La première est la propriété privée, pure et simple. Cette solution est évidemment la meilleure et la plus efficace. La seconde est la notion de quotas individuels transférables. Cette solution est le type de quotas le plus flexible, et est utilisé en Islande et Nouvelle-Zélande. Les pêcheurs, dans ce système, sont libres d’acheter des droits de pêche commerciale, et de les vendre ou les acheter d’autres pêcheurs (Terence Corcoran, «Property Rights only Answer for Fisheries», The Globe and Mail, 16 mars 1995 – voir aussi Michael De Alessi, Fishing for Solutions, London: Institute of Economic Affairs, 1998).

Ce système pourrait être très utile dans d’autres domaines, incluant la pollution atmosphérique. Mais une chose est sûre : la solution à l’appauvrissement de nos ressources ne peut passer par l’État.