La Tragédie des Communes

Les mouvements pseudo-environmentalistes promouvoient le gouvernement et la propriété publique contre les corporations et la propriété privée. Un de leurs principes est que les gens ne sont pas assez intelligents pour vouloir soutenir l’environnement. Pourquoi les politiciens devraient être plus intelligents ne semble pas évident. Ce qui est encore plus ironique est que le fait qu’ils ont beaucoup de membres, ainsi que les regroupements privés de conservation, sont des preuve du contraire.

De toute façon, ce principe est faux. C’est un simple mensonge que la propriété privée et les droits individuels ne sont pas conductifs à l’environnement. Les vrais environmentalistes sont les libertariens, car la sauvegarde de nos ressources naturelles ne peut que passer par la reconnaissance du droit de chacun à son coin de Terre.

Les gouvernements ne sont pas soumis aux lois

Une autre preuve troublante de ce constat est le rapport par les Nations Unies, en Novembre dernier, sur l’état des océans. La baignade dans les océans représente un danger pour l’homme : un baigneur sur vingt prends le risque d’attraper une maladie du foie, de la peau ou des maladies respiratoires. Les fruits de mer contaminés représentent plus de 2.5 millions de cas d’hépatite virale par année. Il est aussi estimé qu’environ 70% des récifs de corail du monde sont menacés.

La raison principale de ce problème ? Les systèmes publics d’égoûts. En effet, toujours selon le rapport, les rejets d’égoûts, les hydrocarbures et les pesticides causent environ 80% des problèmes de pollution maritime. Même au Canada, la moitié de la population des Maritimes rejette ses eaux usées sans traitement.

L’affection des gouvernements pour la pollution est bien connue. Aux États-Unis, l’armée américaine est le plus gros pollueur du pays. De plus, les gouvernements férus de corporatisme ferment souvent les yeux devant la pollution industrielle. Ceci devrait ouvrir les yeux de ceux qui pensent que les gouvernements sont la solution miracle, mais ces faits sont souvent ignorés.

La différence entre les gouvernements et les corporations dans notre système de démocracie est que les corporations, sauf quand elles ont assez d’argent pour être un groupe d’intérêt puissant, sont soumises aux lois, contrairement au gouvernement. Les systèmes libertariens sont, théoriquement, beaucoup plus aptes à répondre aux externalités. La pollution n’est pas une exception, car elle représente généralement – et surtout dans ce cas – une atteinte à la propriété d’autrui.

L’explication des intérêts : la Tragédie des Communes

Pourquoi les gouvernements sont-ils impuissants à régler le problème de la pollution et à soutenir les ressources naturelles ? La réponse est simple et provient d’un principe bien connu en économique : la “Tragédie des Communes” (Tragedy of the Commons).

Pour l’expliquer, il suffira d’utiliser une ressource naturelle qui ne se renouvelle que très lentement, comme l’eau. Les océans n’appartiennent à personne, et les cours d’eau et lacs appartiennent généralement au gouvernement. Quelle est la motivation du gouvernement à protéger cette ressource ? Elle n’est pas redevable à personne pour sa gestion, et économise de l’argent, par exemple, en ne filtrant pas ses eaux d’égoûts. Une ressource qui est possédée par personne en particulier doit être épuisée le plus vite possible, sinon quelqu’un d’autre va le faire. C’est pourquoi, par exemple, nous avois des quotas sur la pêche : le gouvernement doit introduire un élément de contrôle qui est nécessaire parce que personne n’a aucun intérêt à conserver les populations de poissons.

La manière de trouver des solutions créatives à la pollution est par la science et la technologie, et non par la primitivisme.

 Au contraire, si l’eau ou le système d’égoûts appartenait à un citoyen privé, il pourrait avoir recours, ou se faire poursuivre, devant les tribunaux. De plus, sa motivation serait de conserver la plus grande valeur possible pour sa propriété.

L’exemple le plus frappant en Amérique du Nord de ce phénomène est la gestion des forêts. Comme le gouvernement détient la majorité des forêts, il n’y a aucune motivation de gestion basée sur les profits, mais plutôt une volonté politique. Ainsi on observe les coupes à blanc au Canada qui font rugir les Verts, et les forêts vierges des États-Unis qui passent au feu et causent des dommages de propriétés superlatifs. Ces deux tendances de gaspillage sont tout aussi dommageables et absurdes.

Comment donc résoudre le problème de la pollution en général, et de la pollution maritime en particulier ? En se mettant la tête dans le sable, en interdisant le progrès et la consommation ? Cela serait sûrement l’attitude typique d’un pseudo-environmentaliste, mais ce n’est pas une attitude productive (dans tous les sens du mot). La manière de trouver des solutions créatives à la pollution est par la science et la technologie, et non par la primitivisme.

Deux moyens principaux pourraient être utilisés pour établir une gestion plus saine des ressources maritimes. Le premier est de promouvoir la propriété privée là où cela est possible. Des corporations ou organisations privées devraient prendre possession de cours d’eau, lacs, et systèmes d’égoûts autant que désirable, et être strictement soumis aux lois contre la pollution de la propriété d’autrui.

Il y a cependant deux problèmes majeurs avec cette approche de pure libre-marché. La première est celle du flot maritime. Contrairement à la terre, l’eau circule à travers des réseaux de rivières et lacs. Le propriétaire d’un cours d’eau en amont peut influencer le flot d’une façon non-polluante, mais qui serait désastreuse pour le propriétaire en aval. D’un point de vue libertarien, ceci est assez similaire à quelqu’un qui établit une propriété en terre ferme qui diminue la valeur des terrains avoisinants : la loi ne devrait pas légiférer sur cette action.

Mais le problème plus important est que de maintenir une telle politique dans un océan est pratiquement impossible avec l’état actuel de notre technologie, et ceci est dû principalement à ce problème de flot. Comment déterminer et protéger sa propriété quand une large partie de celle-ci est dynamique ? La solution n’est pas évidente.

C’est pourquoi je veux apporter un deuxième moyen : promouvoir la technologie nécessaire pour le recyclage des égoûts, et implanter des technologies durables à l’aide des ressources publiques. Au moment présent, ces ressources sont gaspillées à plus de 87% dans des programmes sociaux et départements qui sont nuisibles à une société libre (selon ma brève étude du budget québécois, détaillée dans “Budget libertarien 2000-2001”). Une partie de cet argent pourrait servir à implémenter de nouvelles normes environmentales plus strictes sur les institutions publiques. De plus, des lois devraient aussi imposer des normes de responsabilité du gouvernement face à l’environnement public et privé.

Le problème de l’eau est plus intéressant et difficile que plusieurs autres, mais cela ne rends pas le socialisme une option valide pour gérer notre eau. Seule la motivation du libre-marché peut permettre une saine gestion de nos ressources naturelles, orientée sur le profit et non sur la politicaillerie.