La basse-cour en session

Pour les animaux, contre les humains

La Grande-Bretagne, bastion libéral, est aussi le bastion du mouvement pour l’extension des droits des animaux. Elle contient plus de 3 000 groupes militant pour les droits des animaux, et ces groups commettent approximativement 1 200 actes de violence à chaque année.

En avril dernier, le ministère britannique de l’Environnement proposait à son gouvernement une révision des lois sur les animaux, demandant aux propriétaires de nourrir leurs animaux suffisamment, et de leur donner assez d’espace et de compagnie. Elliot Morley, en charge des droits des animaux, déclare : “Nous avons l’obligation de traiter les animaux comme on peut l’attendre d’une société civilisée”.

En fait, cette loi avait pour but de mettre des bâtons dans les roues de fermes d’élevage, selon le Guardian (“Government floats plans to ban battery farming “, 25 Juillet 2002). Elle marche au pas des lois de l’Union Européenne, qui entends passer une loi contre les cages trop petites en 2012.

En fait, la Grande-Bretagne et la Suède militent les droits des animaux à l’Union Européenne.
En mai, la ministre suédoise de l’agriculture a déclarée que “[l]es animaux sont des êtres pensants avec une valeur intrinsèque”.

Comme le Québec est un autre bastion de la gauche, la montée du mouvement pro-animal au Québec, tel que reporté par le journal L’Actualité (semaine du 24 juin), n’est pas surprenante. Le journal annonce que selon le projet de loi C-15B, présentement à l’étude, faire souffrir un animal, intentionnellement ou par négligence, deviendra un crime passible de cinq ans d’emprisonnement. La loi concerne le bétail, les animaux de compagnie, de laboratoire, et de travail.

Dans les nouvelles, c’est le futur delphinarium du Zoo de Granby qui attire les foudres du mouvement. Prévu pour 2003, cet aquarium permettra aux visiteurs de se baigner avec des dauphins. Quoi de plus innocent que de nager avec des dauphins ? Mais une coalition de groupes pseudo-environmentaux proteste la légalité de cette construction, pour des raisons de sécurité pour les dauphins.

L’absurdité et, quand ils sont puissants, la férocité de ces mouvements peut être surprenante. Beaucoup de groupes pseudo-environmentaux ou anti-environmentaux, comme PETA, sont des organisations de brutes intellectuelles, qui ne visent rien de moins que l’asservissement des humains aux droits des animaux. Elles promouvoient la violence contre les humains, pour protéger les animaux.

Ces attaques peuvent sembler contradictoires : en effet, les êtres humains sont aussi des animaux. Mais il y a une tendance à protéger les animaux les plus médiatiques, et les humains ne sont pas très populaires ces temps-ci.

Le mouvement pour les droits des animaux est une idéologie de sacrifice. Pourquoi ? Sans le bétail, nous sommes privés de viande. Sans animaux de travail, nous sommes privés de productivité. Sans animaux de compagnie, nous sommes privés de sécurité émotionnelle. Sans animaux de laboratoire, nous sommes privés de sécurité physique. Tenter de protéger les animaux est une attaque contre la liberté humain : il n’y a pas de position médiane.

 

Tenter de donner des droits non-existants aux animaux est de confier ces animaux aux bonnes grâces, et au pouvoir, de l’État, contre la productivité de la science et de l’économie.

 

Une cruauté qui n’existe pas

Ceci, bien entendu, n’est pas un argument contre les droits des animaux, mais simplement une mise en contexte. Pour comprendre la question, il faut comprendre ce qu’est un droit. Le mouvement pour les droits des animaux est fondé sur une grande erreur : l’équation que la vie égale les droits. Cette équation est aussi à la base du mouvement anti-choix en matière d’avortement.

Un organisme n’a de droits que s’il peut les comprendre et les utiliser. Par exemple, il est évident qu’un embryon ou foetus n’a pas la capacité mentale nécessaire pour comprendre la notion de ses droits. Pire, il est dépendant de la mère pour survivre – l’ultime dépendance. Il est clair qu’un foetus n’a pas de droits.

Le cas d’un chien est moins clair, car le chien peut survivre par lui-même. Cependant, le chien a peu de compréhension abstraite du monde autour de lui, évidemment moins qu’un petit enfant. C’est pourquoi les animaux en général, sauf peut-être certaines races de singes, ne sont pas compatibles avec les droits des humains.

Une position contre les droits des animaux n’est pas une position contre les animaux – c’est plutôt une confirmation du rôle de propriétaire que nous avons envers les animaux, tout comme nous avons avec les foetus. Ce n’est pas non plus un support de la haine ou de la cruauté. Doit-on haïr ses vêtements ou ses meubles ? Ce serait absurde. Il serait tout autant absurde d’haïr un animal. Peut-on être cruel envers une table ? Bien sûr que non. Il est tout aussi absurde de parler de “cruauté envers les animaux”.

Une conséquence importante de la possession des animaux est qu’il faut en prendre soin. En effet, la négligeance du règne animal peut avoir des conséquences dures. Un écosystème est un système équilibré, et cet équilibre est le fruit de millions d’années d’évolution – jouer avec les espèces animales peut être problématique. En ce sens, la protection privée des espèces animales est nécessaire. Bien que le gouvernement s’est approprié ce rôle, il est maintenant prouvé que le maintien de l’environnement, incluant les espèces animales, passe par la propriété privée.

En discutant de la sorte, je ne veux pas dire que nous voyons tous les animaux comme des objects utilitaires, ou que nous devrions imposer cette vision. Je maintiens seulement que d’imposer une vision anti-humaine de la réalité n’est pas une option politique acceptable pour vivre en harmonie.

Comme j’explique au début de mon article “La Tragédie des Communes”, les mouvements pseudo-environmentalistes promouvoient le gouvernement et la propriété publique contre les corporations et la propriété privée. Tenter de donner des droits non-existants aux animaux est de confier ces animaux aux bonnes grâces, et au pouvoir, de l’État, contre la productivité de la science et de l’économie.

La recherche médicale, par exemple, voit les coûts d’entretien des animaux bondir. Les droits des animaux empêchent les étudiants en médecine ou en biologie d’utiliser des animaux vivants, et donc d’acquérir de l’expérience pratique. De plus, les lois anti-propriété ouvrent la porte à plus de poursuites devant les tribunaux.

Il n’y a aucun doute que le maintien des animaux a des avantages en terme de qualité et sécurité alimentaire. En tant que consommateurs, nous sommes en droit de nous attendre que la qualité de notre nourriture animale ne soit pas compromise par le mauvais maintien des animaux de bétail. Mais ces avantages ne peuvent être analysés que dans un contexte de propriété animale, et non d’individualité animale.