Barbie et le capitalisme

L’ami de la culture

La “culture” est un mot galvaudé, utilisé à toutes les sauces et qui sert de bouc-émissaire de bien des maux. On parle de problèmes causés par la culture, de “culture nationale”, de “manque de culture”, d'”acculturation”. Que signifient vraiment ces mots ?

Il ne faut pas verser dans le racisme ou l’uniformité – i.e. une vision collectiviste de la culture comme une sorte de devoir ou carcan. Il est évident que tous n’ont pas les mêmes préférences culturelles. La culture n’est pas un impératif géographique ou social, mais bien un agrégat d’activités et de modèles de comportements, généralement canalisé par les médias. Mais, considérant ces deux facteurs – agrégat d’activités et de modèles et les médias – le capitalisme est le meilleur système pour leur progression, et donc pour le progrès de la culture.

À cause de la propriété privée des médias, le capitalisme est l’ami de la liberté d’expression. Dans un pays libre, nous avons tous la liberté d’utiliser des médias comme l’internet pour diffuser de l’information, et la liberté de s’exprimer tel que désiré. Dans un pays collectiviste, où l’État possède les médias, la liberté d’expression doit nécessairement souffrire.

Il en est de même de la liberté de choix. Le collectivisme culturel n’a que peu d’emprise dans un système où tous sont libres de choisir leur mode de vie. Cette liberté de l’individualité qui peut pleinement s’exprimer dans un cadre d’échange volontaire est sûrement une des plus importantes. Il est absurde de dire que “la culture est appauvrie par l’ouverture sur le monde”. Une telle sorte de culture serait bien fragile et inutile !

La culture québécoise est fragile car elle est basée sur le fermeture sur le monde. Les québécois sont fiers d’être des “moutons noirs”, “distincts”, et aiment ériger des barrières culturelles, notamment linguistiques et médiatiques. Mais une telle vision du monde est stérile et ne mène à aucun progrès ou adaptation. Et en fait, bien que nos moeurs sont modernes, la culture québécoise en général est encore très retardée, basée sur le passé et regardant toujours vers le passé. Le cheminement intellectuel québécois est pauvre, et malgré notre grande éducation, l’intelligentia québécoise est pauvre.

La culture vit de communication et d’échanges, et le libre marché est le moteur de la culture. La seule alternative est la stagnation. Le conflit, donc, oppose la culture individuelle libre à la culture collectiviste fragile. C’est la dichotomie typique du bazar contre la cathédrale, du chaos créateur contre l’ordre écrasant.

La mentalité de la cathédrale est celle de prêtres et dogmes culturels. Elle se manifeste par une haine du progrès, de la liberté culturelle et du changement. Cette mentalité est menacée par l’ouverture sur le monde car elle est fragile, comme toute pensée doctrinaire. Elle dépend sur la conservation d’idéaux historiques pour sa survie – pour prendre l’exemple du Québec, la langue française et les traditions francophones.

 

Malgré l’élitisme, le féminisme, et toutes sortes de tendances, nous sommes libres de vivre comme nous l’entendons, tant que le libre marché existera. Et c’est merveilleux.

 

L’élitisme et la politique

Une vision collectiviste de la culture entraîne inévitablement une vision collectiviste de la politique culturelle. Cette erreur fondamentale guide la pensée de la masse sur la culture. Les gens voient la culture non seulement comme un bloc uniforme, mais aussi dont la préservation est nécessaire. C’est une demande de comfort de l’esprit humain face au changement : alors que le monde évolue rapidement dans d’autres domaines, nous demandons une culture stable, un esprit d’appartenance local. C’est une réaction inverse.

La culture au Canada est contrôlée par l’État à certains égards. Les médias reçoivent des quotas et la liberté d’expression n’est pas complètement protégée. De plus, le gouvernement opère des stations de télévision et radio, subventionne la culture, opère des orchestres et opéras. Tout ceci exerce une distortion sur la culture qui la rend moins efficace à subvenir aux besoins des consommateurs.

Ceci entraîne une question importante : quel est le but de la culture et de l’art ? Est-ce que de lui attribuer le but de satisfaire les consommateurs, sans aucun respect pour l’excellence, ne la réduit pas à un état de simple marketing ? La réponse est que le capitalisme n’impose pas de modèle de production, sinon que par l’incitation au profit. La décision finale nous revient, à chaque individu dans sa sphère de travail. Mais même quand nous faisons quelque chose seulement pour soi, nous le faisons au moins pour une personne.

Ce que le capitalisme impose est que chaque échange doit être volontaire. Ce que ceci implique en pratique est plus subtil, mais a des conséquences politiques anti-protectionnistes et anti-élitistes évidentes. L’élitisme, dont les féministes font partie, se doit de décrier la liberté de culture car celle-ci brise son monopole. Qui peut prendre sérieusement un dogme élitiste, comme par exemple la supposée supériorité du cinéma local par rapport au cinéma Hollywoodien, quand la popularité des films américains sur les grands écrans ne fait aucun doute ?

Encore une fois, il ne s’agit point d’équivoquer la popularité avec la supériorité, ou de louanger les modèles de production que la popularité demande. Ce n’est pas parce que quelque chose est populaire qu’il est objectivement supérieur. Quelqu’un peut avoir des points de vue objectifs sur la culture.

Mais le populaire est par définition meilleur du point de vue du marché, et c’est ce qui importe. Le populaire est le libre. Tout système qui ne tient pas compte des profits et de la popularité voit un marché noir s’établir rapidement, parce que c’est la demande qui domine dans un pays libre. Les profits et la popularité sont des signes de la désirabilité d’une forme de culture dans un système donné. C’est cette modélisation et objectification de la culture qui permet sa propagation rapide.

Qu’en est-il de Barbie, me direz-vous. Eh bien, Barbie ne représente pas l’idéal féminin, et ne satisfait pas l’élitisme de certains. Tant pis pour eux : les enfants en ont décidé autrement. De plus, il serait difficile de justifier être contre Barbie pour des motifs idéologiques : ce n’est qu’une poupée. Barbie n’enseigne rien et n’évoque rien de plus que le jeu.

Barbie représente la force du capitalisme et de la liberté culturelle. Malgré l’élitisme, le féminisme, et toutes sortes de tendances, nous sommes libres de vivre comme nous l’entendons, tant que le libre marché existera. Et c’est merveilleux.