La pauvreté érigée en système

La pauvreté est décriée comme un problème social criant, aggravé par la liberté écnomique et la société moderne. Ceci n’est pas intuitif, car notre niveau de vie, grâce à la technologie, est beaucoup plus grand qu’il y a quelques siècles. Un pauvre moderne a plus de facilité à vivre qu’un ancien roi de France.

Le problème en est un de définition de termes. Il y a deux différents points de vue sur le phénomène de la pauvreté : la pauvreté absolue et relative.

Pauvreté relative, pauvreté absolue

La pauvreté, ou richesse, relative est celle qui est évaluée lorsqu’on mesure le “taux de pauvreté”. À partir d’un “seuil de faible revenu”, les agences statistiques mesurent le pourcentage de gens au-dessous du seuil et attribuent à ce pourcentage le nom de taux de pauvreté.

Dépendant de la position de ce seuil, nous pouvons trouver des résultats absurdes. Plusieurs provinces riches ont un plus grand taux de pauvreté à cause de cette position arbitraire. Le taux de pauvreté est une mesure pour évaluer le pourcentage de gens qui se situent en dessous d’un certain niveau, donc un aspect de la répartition de la courbe.

La pauvreté, ou richesse, absolue est le niveau de vie économique. La mesure la plus utile pour le mesurer est le produit national brut par habitant. Il représente grossièrement la productivité de chaque citoyen d’un pays, avec l’exception de l’inflation artificielle, qui fausse les données dans un certain sens.

Ce qui semble moins évident pour la plupart des gens est que ces deux mesures de pauvreté sont des mesures contraires. Un système économique progressiste est un système qui permet aux meilleurs individus de produire le plus de propriété possible, surtout par le commerce. Donc nous devrions observer que les pays où la richesse est la plus inégale, sont aussi les plus riches. Est-ce que nous observons empiriquement ? Voici une liste de quelques pays les plus riches, en ordre de liberté économique.

Produit National Brut par citoyen inégalité (US = 100) Liberté économique (bas = mieux) Taux de pauvreté relatif (moins récent)
États-Unis 33 900 $ 100 1.75 16.5% (13.3%)
UK 21 800 $ 78 1.80 N/A (5.2%)
Pays-Bas 25 100 $ 82 1.85 N/A (N/A)
Suisse 27 100 $ 79 1.90 N/A (N/A)
Canada 23 300 $ 83 2.05 12% (7.0%)
Allemagne 22 700 $ 66 2.10 N/A (N/A)
Suède 20 700 $ 60 2.25 6.8% (4.3%)
Norvège 25 100 $ 60 2.45 N/A (N/A)
CIA Factbook 2000(w/ purchasing power parity) OCDE, 1993 Heritage Foundation 2001 UN, 1998 – U.S. House of Representatives, Committee on Ways and Means, 1992

Notre conclusion que la pauvreté absolue et relative sont inversement proportionnels semble être confirmée par cet échantillon. L’effet est beaucoup plus grand si on compare des pays très libres avec des pays peu libres. En passant, notez comme le PNB de la Norvège est particulièrement haut : ce pays est particulièrement riche en ressources naturelles.

Seul l’économie mixte américaine et européenne a réussi à propulser une partie de la population mondiale au dessus du niveau de vie pré-industriel. La vaste majorité du globe vit encore dans des conditions médiocres.

Le communisme est une idéologie visant à détruire le droit à la propriété et à rendre tous égaux. Donc, le but du communisme est d’éliminer l’inégalité, et non d’élever le niveau de vie. En pratique, la conséquence de l’égalité économique est une abjecte pauvreté absolue démontrée par les pays communistes encore existant, ainsi que l’échec des pays socialistes en général. Plus le niveau de vie augmente, plus la vie de tous est améliorée, même les pauvres. Ceci a aussi été prouvé empiriquement : plus l’indice de revenu moyen est grand, plus l’indice de revenu des pauvres est grand, et plus l’indice de revenu moyen augmente rapidement, plus l’indice de revenu des pauvres augmente rapidement (Institut Économique de Montréal, “La croissance profite aux pauvres”, 2001). Les deux images suivantes sont la version anglaise de ceux dans cet article (et sont copyright World Bank) :

Voici une analyse numérique traduisant cette tendance, de Michael Roemer et Mary Kay Gugerty (Harvard Institute for International Development) :
“The analysis shows that an increase in the rate of per capita GDP growth translates into a one-for-one increase in growth of average income of the poorest 40%. GDP growth of 10% per year is associated with income growth of 10% for the poorest 40% of the population. For the poorest 20% the elasticity of response is 0.921; GDP growth of 10% is associated with income growth of 9.21%. These regressions indicate that on average the poor do benefit substantially from economic growth.”

Ces résultats sont aussi confirmés par les données historiques aux États-Unis. “Conquest of Poverty” de Hazlitt, au chapitre 4, inclut des statistiques du Département de Commerce Américain. Entre 1939 et 1969, les salaires de travailleurs manufacturiers en valeur absolue ont monté de 108%. Aussi, comme nous pouvons le présumer, la part des revenus corporatifs va de plus en plus aux travailleurs : entre 1955 et 1970, la part de profits revenant aux travailleurs a augmenté de 6% (de 85 à 91%).

La notion même d’égalité économique est basée sur des fausses prémisses. Tous les hommes ne sont pas constitués de la même façon, et tous n’ont pas les mêmes capacités, ceci est évident. La liberté nous dicte donc de laisser les gens les plus productifs libres de profiter de leur capacités pour transporter l’économie, et de ce fait élargir la richesse commune. L’alternative est de pénaliser le succès en rendant tout le monde égal, et de ce fait éliminer le privilège des personnes les plus productives de dominer le marché, ce qui ne peut que mener à l’inefficacité et à la corruption.

La pensée économique moderne est basée sur le court-terme, et non le long-terme : sur des effets ponctuels, et non sur tous les effets. Quand nos gouvernements proposent une nouvelle mesure sociale, les incréments de “justice sociale” semblent donner plus de bénéfice qu’une hypothétique diminution de la richesse commune. Et c’est ainsi que l’érosion de la liberté subsiste.

L’élimination de la pauvreté

Le problème est que le socialisme érige la pauvreté en système : son seul but est d’éradiquer la pauvreté relative, mais ceci ne peut être accompli qu’en éradiquant toute richesse.

À preuve, les gens pauvres sont les plus grandes victimes des systèmes socialistes. Les taxes sur les biens et services affectent le plus les gens à bas revenu, car le manque à gagner dans leur pouvoir d’achat est beaucoup plus vital. Les barrières artificielles contre le libre marché des banques, des produits culturels, et autres marchés, affectent les pauvres pour la même raison.

Les lois de salaire minimum et les taxes sur les salaires affectent gravement le taux d’emploi des plus démunis. Les travailleurs sont aussi aliénés par les structures globales existantes, tandis que les chefs d’entreprises bénéficient de ces structures, comme la “personne morale”.

Dans notre économie mixte, ceux qui bénéficient de ces attaques contre les pauvres sont ceux qui ont le plus de visibilité : les minorités, les écologistes, les chefs d’entreprise, les bien-pesants. Les bénéficiaires principaux de la liberté sont les pauvres, et non les plus riches, qui ont généralement plus d’occasion de profiter du pouvoir politique.

Le seul moyen d’éliminer la pauvreté absolue est d’augmenter la richesse de la société, par la productivité et la technologie – et le seul moyen d’augmenter la productivité d’une société est par le capitalisme. La productivité est la richesse, et la technologie permet de décupler la productivité de l’effort humain. L’erreur fondamentale communiste est de considérer la productivité (the pie) comme fixe – elle n’est fixe que dans un système stagnant et anti-productivité. L’élévation du niveau de vie aux États-Unis et autres pays démocratiques le prouve.

La pauvreté existera toujours, car c’est une mesure relative de la richesse entre les citoyens – tout système visant à éliminer la pauvreté dans ce sens est un système communiste. Mais ce que nous voulons généralement dire par “pauvreté” est la richesse absolue des individus. Dans ce sens, le rôle du gouvernement n’est pas d’utiliser la force pour empiéter sur le marché de la charité pour ses propres fins, mais de protéger le marché de la charité (qui par définition serait plus efficace et donc plus intéressant pour ses charges) et d’encourager la prospérité économique.